Qu’est-ce que le stérilet hormonal ?

Définition du stérilet hormonal

Le stérilet porte également le nom de dispositif intra-utérin (DIU) ou système intra-utérin (SIU). Il existe deux types : le stérilet au cuivre et le stérilet hormonal appelé aussi DIU au lévonorgestrel. Les deux se présentent sous la forme d’un T mesurant 3.5 cm, avec des branches latérales. Celles-ci se replient, ce qui facilite l’insertion. À l’extrémité, un fil en nylon permet son extraction.

Composition du stérilet hormonal

La barre verticale du T est un petit réservoir. Celui-ci contient une hormone progestative de synthèse, le lévonorgestrel qui a pour objectif de bloquer l’ovulation.

  • Mode de contraception : contraceptif hormonal
  • Fiabilité : 99 %, pendant la durée recommandée de l’utilisation du dispositif (celle-ci varie selon le médicament utilisé). Il est à noter que l’indice de Pearl est 0.2 (correspond au taux d’échec) alors que pour le DIU au cuivre, il est de 0,8.
  • Renouvellement : 3 ans pour la marque Jaydess, 5 ans pour les marques Mirena et Kyleena
  • Protège des MST : non
  • Pourcentage d’utilisation : selon l’enquête Fécond de 2013, 22,6 % femmes de 15 à 49 ans portaient un DIU en 2013. La majorité d’entre elles avaient opté pour le stérilet hormonal. Lors de la journée mondiale de la contraception du 26 septembre 2017, il a été constaté que l’utilisation du DIU augmentait, notamment au détriment de la pilule, particulièrement chez les femmes de 20 à 29 ans.

Mode d’action du stérilet hormonal

Ce stérilet hormonal permet aux femmes qui le portent de ne pas tomber enceintes. Il n’est pas irrémédiable. Une fois enlevé, elles retrouvent leur fertilité. Le DIU au lévonorgestrel est également prescrit aux femmes ayant des règles très abondantes, voire des ménorragies.

Le fonctionnement

Le réservoir contient l’hormone qui est libérée progressivement sur les parois de l’utérus. À son contact, les sécrétions vaginales sont épaissies et empêchent les spermatozoïdes de passer dans le col de l’utérus. De plus, elle enraye le développement de l’endomètre et empêche la nidation.

Ce dispositif agit 2 jours après son insertion. Pendant ce laps de temps, il est conseillé de mettre un préservatif.

Quels sont les risques, effets secondaires ?

Ce dispositif hormonal a plusieurs effets secondaires possibles. Dans le cas de certains symptômes, le retrait du stérilet est envisagé. De plus, les effets secondaires diffèrent selon le DIU au lévonorgestrel pris.

Parmi les effets indésirables les plus courants (selon la marque prescrite), figurent :

  • Des maux de tête, voire des migraines persistantes, et la survenue de nausées ;
  • L’inflammation du vagin ou de la vulve ;
  • Des changements d’humeur, allant parfois à la dépression ;
  • Une modification des règles pouvant entraîner leur suppression ou les rendre douloureuses ;
  • L’apparition de douleurs au niveau des seins, au bas du ventre ;
  • Un changement de pilosité et de la nature de la peau (acné, peau grasse, chute de cheveux…) ;
  • Des kystes aux ovaires ;
  • Plus rare, l’expulsion du stérilet hormonal.

Les effets indésirables diffèrent selon la marque du dispositif. Pour Mirena, peuvent être constatés une prise de poids, une baisse de la libido, un changement d’humeur (nervosité), de l’eczéma, des maux de dos ou encore un gonflement abdominal.

D’autres effets secondaires, plus rares, sont constatés :

  • La possibilité d’une grossesse extra-utérine ;
  • Une infection des voies génitales ;
  • Parfois, une perforation de la paroi génitale.

Avantages et inconvénients

Avantages

  • Aucun risque d’oubli puisque selon le dispositif, sa durée est de 3 ou 5 ans ;
  • Son efficacité est de 99 %, il est plus efficace que la pilule ;
  • Il agit 2 jours après la pose ;
  • La dose d’hormones est inférieure à celle de la pilule, par conséquent il y a moins d’effets secondaires ;
  • Parfois, la suppression des règles ;
  • Des règles moins douloureuses ;
  • Le dispositif est remboursé par la Sécurité sociale ;
  • Il convient aux femmes n’ayant jamais eu de grossesse (sauf contre-indications).

Inconvénients

  • Possibilité de petits saignements appelés spotting ;
  • Parfois, les femmes ont une peau plus grasse (acné) et une pilosité plus importante ;
  • Une augmentation de l’appétit est probable avec une prise de poids ;
  • Des maux de tête, des migraines sont constatés chez certaines femmes ;
  • Ce contraceptif peut entraîner des douleurs au niveau du ventre ou du dos ;
  • Il n’entrave pas les relations sexuelles, mais parfois une perte de la libido (la progestérone peut entraîner une sécheresse vaginale).

Comment poser un stérilet hormonal ?

Avant la pose, une première visite médicale est nécessaire afin que le praticien s’assure qu’il n’y a pas de contre-indication. Le médecin traitant, le gynécologue, la sage-femme sont habilités à prescrire et mettre ce dispositif. La pose est préconisée durant la semaine des règles (pendant les 7 premiers jours).

Lors de la visite initiale, le praticien effectue des tests afin de vérifier :

  • l’absence d’infection sexuellement transmissible (IST) ;
  • le risque de maladie pelvienne inflammatoire ;
  • l’absence de grossesse ou de grossesse extra-utérine ;
  • l’absence d’une infection du col ou du vagin.

Dans le cas d’une infection sexuellement transmissible (IST), elle devra être traitée et il faudra attendre trois mois avant la pose. Contrairement au dispositif en cuivre, il n’existe pas plusieurs tailles, par conséquent le stérilet hormonal est moins prescrit aux jeunes femmes en âge de procréer. Il n’y a pas de contre-indication pour les femmes nullipares (n’ayant jamais eu d’enfant). Pour pouvoir insérer le DIU hormonal, le col de l’utérus doit être adapté. Certains contrôles sont effectués :

  • mesurer la hauteur de l’utérus (pratique une hystérométrie) ;
  • estimer la position et la forme de l’utérus.

Comme pour le stérilet au cuivre, le DIU au lévonorgestrel ne nécessite pas d’anesthésie et n’est pas douloureux. Son insertion se réalise dans le cabinet médical. En revanche, certaines femmes sont plus sensibles que d’autres et un décontractant peut leur être prescrit.

Avant d’insérer le dispositif, les conditions d’hygiène doivent être irréprochables. Le stérilet hormonal est emballé et le médecin procède à une désinfection cervico-vaginale.

Le médecin ouvre les parois du vagin pour insérer le dispositif intra-utérin et le fait avancer jusqu’à l’utérus. Ensuite, il coupe court le fil se tenant à l’extrémité. Deux mois après, une échographie peut être réalisée pour vérifier que le stérilet est bien en place.

Que faire en cas d’expulsion ou de perte ?

Si vous perdez votre stérilet hormonal, le risque est de tomber enceinte, notamment si vous ne vous êtes pas rendu compte de son absence. Un moyen de le constater est de vérifier la présence du fil qui permet de le retirer. De plus, si vous avez des symptômes inhabituels, par exemple un retour de vos règles, n’hésitez pas à consulter.

Par ailleurs, le fil peut être encore présent, mais par exemple plus long, car le dispositif s’est déplacé. Consultez votre praticien. Celui-ci procédera à une échographie.

Un autre risque est que le DIU hormonal perce la paroi de l’utérus. Ce sont des cas très rares qui concernent moins de 5 % des femmes utilisant ce moyen de contraception. Les cas les plus fréquents s’observent juste après la pose, notamment si l’accouchement est récent ou s’il y a allaitement.

Comment retirer le stérilet hormonal ?

Comme pour la pose, le retrait du stérilet hormonal se fait rapidement et est indolore. À l’aide d’une pince, le médecin tire sur le fil pour pouvoir extraire le dispositif. L’opération se réalise sans anesthésie, toutefois une prescription pourra être donnée pour les femmes ayant une appréhension. Il est important de parler de vos craintes au praticien.

Il est à noter que la pose d’un nouveau dispositif intra-utérin peut se faire immédiatement si aucune contre-indication n’est constatée.

Qui peut l’utiliser ?

Le stérilet hormonal est préconisé pour toutes les femmes qui n’ont pas de contre-indications. En revanche, chez les femmes nullipares (les femmes n’ayant jamais eu de grossesse), la prescription du DIU au cuivre en premier lieu est constatée. Il est à noter que pour ce dispositif, des modèles short et standard existent. Par ailleurs, certaines femmes ayant le col de l’utérus trop large, par exemple à la suite de grossesses multiples ou compliquées, ne peuvent pas le porter.

Contre-indications :

  • une grossesse avérée ;
  • des saignements anormaux ;
  • une intolérance au lévonorgestrel ;
  • une infection vaginale basse ;
  • une maladie ou une infection pelvienne ;
  • la présence d’infection sexuellement transmissible (IST) ;
  • une thrombose veineuse ;
  • un cancer du sein, de l’utérus ou de l’endomètre ;
  • une tuberculose génitale ;
  • des migraines neurologiques ;
  • la présence d’une hépatite ;
  • lors d’un avortement septique de moins de 3 mois.

Il faut préciser que l’utilisation de tampons ou de cups n’est pas contre-indiquée si vous portez un dispositif hormonal. En revanche, il est préférable d’attendre un ou deux cycles avant de les utiliser.

Peut-on utiliser un stérilet hormonal après un accouchement ?

Le stérilet hormonal est un moyen de contraception utilisé après l’accouchement, cependant la pose est déconseillée pendant la période comprise entre 48 heures et 4 semaines après la délivrance (sauf pour un accouchement par césarienne). Lorsque le dispositif est inséré immédiatement après l’accouchement, les risques d’expulsion sont plus importants. Dans la pratique, les médecins le proposent lors de la visite postnatale, vers les 6/8 semaines après l’accouchement.

Peut-on l’utiliser après une fausse couche ?

La pose d’un stérilet hormonal après une fausse couche est possible. Il faut noter, cependant, que les premières semaines le risque d’expulsion est plus important.

Peut-on l’utiliser après un avortement ?

Dans le cadre d’un avortement septique, un délai d’attente de 3 mois est nécessaire avant la pose du DIU hormonal.

Parmi les interruptions volontaires de grossesse (IVG), on distingue l’IVG chirurgicale et l’IVG médicamenteuse. Pour la première, le stérilet hormonal peut être posé immédiatement s’il n’y a pas de contre-indications. Pour la seconde, une visite de contrôle est effectuée. Selon les résultats, le dispositif sera inséré ou son implantation sera reportée lors des prochaines règles.

Peut-on utiliser un stérilet hormonal pendant l’allaitement ?

Une fois que l’allaitement maternel n’est plus exclusif ou dès le retour de couches, la femme est de nouveau fertile. Il est conseillé de choisir un mode de contraception si une éventuelle grossesse n’est pas voulue.

Contrairement à un contraceptif hormonal comme la pilule, la dose contenue dans le stérilet hormonal est faible. Par conséquent, ce mode de contraception est compatible avec l’allaitement.

Comment se procurer le stérilet hormonal ?

  • Sur ordonnance : le dispositif est délivré seulement avec une prescription médicale de la part du médecin traitant, du gynécologue, ou de la sage-femme.
  • Remboursement : la Sécurité sociale rembourse à hauteur de 65 %.
  • Remboursement mutuelle : l’organisme de santé complémentaire prend en charge la partie non remboursée par la Sécurité sociale (selon le contrat de santé)
  • Prix : entre 120 € et 130 € selon la marque du stérilet hormonal. Pour les jeunes femmes de moins de 15 ans, il est gratuit.
  • Où l’acheter : ce dispositif s’achète en pharmacie. Il se trouve également dans les centres de planification ou d’éducation familiales.

Quand faut-il consulter ?

Après la pose du stérilet hormonal, le médecin fixe un rendez-vous 4 à 6 semaines après l’insertion. Ensuite, un suivi annuel, plus selon les situations, est préconisé en même temps que l’examen gynécologique (frottis, seins…).

De même, il est important de consulter lors de l’apparition de symptômes anormaux tels que de la fièvre, des pertes vaginales inhabituelles, des saignements, des douleurs intenses dans le bas du ventre, des migraines avec perte de la vision, des maux de tête, une coloration jaune de la peau, des douleurs lors des rapports sexuels…

Sources :

Haute Autorité de Santé
https://www.has-sante.fr/jcms/c_1369314/fr/methodes-contraceptives-focus-sur-les-methodes-les-plus-efficaces-disponibles
https://www.has-sante.fr/jcms/c_1753312/fr/contraception-chez-la-femme-apres-une-interruption-volontaire-de-grossesse-ivg

Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français
http://www.cngof.fr/menu-la-contraception/305-le-sterilet

Agence national de sécurité du médicament et des produits de santé
https://www.ansm.sante.fr/Activites/Surveillance-des-medicaments/Mesures-additionnelles-de-reduction-du-risque/Liste-des-MARR-en-cours/Levonorgestrel-DIU

Institut National d’études démographiques
https://www.ined.fr/fichier/s_rubrique/19893/population.societes.2014.511.crise.pilule.fr.pdf

Santé publique France
https://www.santepubliquefrance.fr/presse/2017/26-septembre-2017-journee-mondiale-de-la-contraception.-quelles-evolutions-dans-le-schema-contraceptif-des-francaises